Un an après le mystère du Boeing malaisien reste entier…

Le 8 mars 2014, le vol MH 370 reliant Kuala Lumpur à Pékin décolle à 0h41 de Kuala Lumpur. Après 40 min de vol, l’avion s’apprête à quitter l’espace aérien malaisien pour entrer dans celui du Vietnam. « All right goodnight, Malaysia 370» sont les derniers paroles émises du cockpit.
Depuis aucune trace, l’enquête établit que le transpondeur (principal outil de communication est éteint, ainsi que le système d’envoi automatique des données est éteint.
« Cet avion est resté sous contrôle jusqu’à la dernière minute », affirme Tim Clark, le patron d’Emirates Airlines, la compagnie aérienne avec la plus large flotte de Bœing 777 au monde.
Le pilote, un temps accusé est au dessus de tout soupçon, ainsi que le jeune copilote, même s’il avait fait venir lors d’un vol précédent deux jeunes Sud Africaines dans le cockpit, au mépris de toutes les règles de sécurité.
Aucune trace en mer, aucun vestige en mer n’est retrouvé alors que pour le vol d’Air France Rio-Paris, les premiers débris sont retrouvés 5 jours après la disparition de l’avion et de nombreux autres dans les semaines qui ont suivi.
Alors quelle hypothèse? un pirate qui aurait eu accès au système central de l’avion?
Une prise de contrôle à distance, la technologie est connue depuis 2006 mais qui et dans quel but?
On apprendra seize jours plus tard qu’à 2 h 22, l’avion est en fait au nord-est de Sumatra. Il a dévié de sa route de 160 degrés vers l’ouest.
Des semaines plus tard, le ministre malaisien de la défense et des transports, Hishammuddin Hussein, admet enfin clairement que l’aviation civile a prévenu l’armée dans la nuit du 7 au 8 mars et que les radars militaires malaisiens ont vu l’avion faire un quasi demi-tour gauche, survoler la péninsule malaisienne d’est en ouest pendant quarante minutes, passer à la verticale de la base aérienne militaire de Butterworth, sur la côte ouest de la Malaisie, avant de prendre le large vers un nouveau cap. Les radars ont tout vu, mais personne ne regardait les radars.
Dès lors aucun radar civil ou militaire ne va plus repérer l’avion, alors que le détroit de Malacca est l’un des axes maritimes les plus denses de la planète.
L’enquête établit que l’avion a continué de voler jusqu’à 8h19, ceci grâce au signal que l’avion qui n’émet plus a reçu, un « ping » dans le jargon aéronautique
Cela correspondrait à l’épuisement de ses réserves en carburant. Ensuite, qu’il a circulé sur un arc, soit vers le nord jusqu’au Kazakhstan, soit vers le sud jusqu’au milieu des mers du Sud. Après quelques jours de démentis vigoureux, le 15 mars, le premier ministre, Najib Razak, entérine finalement les analyses d’Inmarsat. Puis, le 24 mars, grâce à une nouvelle série de calculs « jamais tentés auparavant », c’est la piste sud qui est retenue.
L’attention du monde entier se déplace alors vers l’océan Indien. L’Australie prend la main sur ce qui devient la plus vaste opération de « secours et de recherches » de tous les temps, avec le soutien de Bœing, des bureaux britanniques et américains spécialisés AAIB et NTSB, d’Inmarsat et de Thales. A elle seule, la Chine met à contribution 21 satellites, 19 navires, 13 avions et 2 500 militaires et experts.
Le tout en vain…

 

 

L’artiste indien Sudarsan Pattnaik a sculpté dans le sable l’avion disparu du vol MH370 sur une plage de Puri le 7 mars 2015 (Photo J .K. Jagdev. AFP).

L’histoire de l’aviation civile ne recense qu’un seul cas d’avion transportant plus de 100 personnes ayant disparu et dont le sort reste à ce jour inconnu. En 1962, un appareil de la société américaine Flying Tiger Line, affrété par l’armée américaine, s’était volatilisé entre l’archipel de Guam et les Philippines avec 107 personnes à bord.
A suivre…

Je vous renvoie à la première page sur le boeing malaisien
Libération 8 mars 2015
Le Monde 8 mars 2015
Le Parisien 9 mars 2015
09 mars 2015